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L'aquarium récifal

Questions fréquentes

... ce qui suit n'est que mon avis.

  1. Comment construire une cuve en verre ?

  2. Comment alimenter un refuge sans pompe ?

  3. Pourquoi mettre l'eau du bac à la terre ?

  4. Comment choisir une pompe de remontée ?

  5. Comment réaliser une descente silencieuse ?

  6. Comment dimensionner les pompes de brassage ?
  1. Comment choisir rapidement un luminaire ?

  2. Combien de lux pour mon bac ?

  3. Quelle durée d'éclairage ?

  4. Quelle sera la durée de vie de ma rampe LED ?

  5. Quel est l'angle des lentilles de ma rampe ?
  1. Quelle salinité (ou densité) ?
  2. PPT ou PSU ?
  3. Comment étalonner un réfractomètre
    ou un conductimètre ?

  4. Quelles valeurs pour les paramètres ?

  5. Comment choisir et régler un RAC ?

  6. Le pH est trop faible (ou trop élevé) : que faire ?

  7. Quels appareils de mesure choisir ?
  1. Comment construire une cuve en verre ?
Je construis l'aquarium couché, reposant sur sa face arrière.
  1. Je place donc d'abord la face arrière sur le plan de travail.
  2. Je place (sans colle) le fond à la verticale, j'utilise des cales pour le maintenir perpendiculairement mais de façon à pouvoir le retirer facilement.
  3. Je retire le fond, je nettoie convenablement les surfaces de collage au trichloréthylène (à défaut à l'acétone), je colle des bandes de papier cache 3 mm plus loin que la surface de collage afin que le silicone ne salope pas le verre.
  4. J'encolle la face arrière, je viens poser le fond verticalement qui doit "tomber" tout seul à sa place, le silicone s'écrase sous le poids de la vitre ce qui donne un joint d'environ 2 mm, je lisse le congé et je retire le papier cache dans la foulée avant que le silicone commence à "prendre" puis je ne touche plus à rien jusqu'au lendemain.
  5. Le lendemain idem avec les 2 petits côtés.
  6. Le surlendemain c'est au tour de la face avant que je n'ai qu'à poser au dessus.
  1. Comment alimenter un refuge sans pompe ?

90% (dans mon cas) de l'eau passe donc par dessus A' puis par dessous D pour arriver dans la remontée;
10% de l'eau passe par dessus A'' pour alimenter le refuge puis en sort en passant par dessus B pour arriver dans la remontée.
  • A' et A'' ont la même hauteur (une seule vitre en fait), l'eau passe par dessus (niveau constant pour l'écumeur);
  • D est une chicane qui évite que les bulles produites par la chute de l'eau dans la remontée soient envoyées dans le bac par la pompe, l'eau passe par dessous
  • B est 1 cm plus bas que A
  • C part du fond jusqu'en haut de la cuve technique, il découpe A en 2 parties, le débit se répartit en fonction des longueurs relatives de A' et A''
  1. Pourquoi mettre l'eau du bac à la terre ?
S'il y a une fuite de courant entre un appareil électrique et l'eau
  • si le bac n'a ni différentiel ni mise de l'eau à la terre cette fuite de courant s'écoule à la terre en traversant l'aquariophile qui reçoit une chtouille quand il met les mains dans l'eau et la secousse persiste tant qu'il y laisse les mains
  • si le bac a seulement un différentiel l'aquariophile reçoit une chtouille quand il met les mains dans l'eau, ce qui fait déclencher le différentiel; la secousse s'arrête donc mais il l'a quand même reçue
  • si le bac a seulement une mise de l'eau à la terre la fuite de courant s'écoule directement à la terre, l'aquariophile ne ressent rien en mettant les mains dans l'eau mais le problème persiste jusqu'à devenir grave au point de détériorer certains éléments de l'installation
  • si le bac a une mise de l'eau à la terre et un différentiel, celui-ci déclenche dès qu'il y a une fuite;
    c'est la seule solution qui protège complètement l'installation et l'aquariophile.

On trouve des électrodes de mise à la terre; on peut aussi utiliser des résistances titanes à condition bien sur les les alimenter par une prise avec terre.
Pour une durée limitée, tant que l'intérieur des tuyaux de remontée et de descente restent humides, on peut se contenter le mettre l'eau de la cuve technique à la terre.
  1. Comment choisir une pompe de remontée ?
Pour choisir une pompe de remontée il faut connaître le volume du bac et les caractéristiques de la canalisation de remontée à savoir
  • la hauteur à remonter (différence de hauteur entre le niveau d'eau du bac et le niveau d'eau de la cuve technique);
  • la longueur du tuyau de remontée;
  • le diamètre du tuyau de remontée;
  • le nombre et type de coudes (90°, 45°, normal ou large).
Ensuite ceci permettra d'obtenir une liste de pompes qui conviennent.
  1. Comment réaliser une descente silencieuse ?
Pour qu'une descente ne fasse pas de bruit il suffit de noyer son entrée.
Cet article vous explique comment faire : Robinet de surverse".
  1. Comment dimensionner les pompes de brassage ?
Un brassage de l'ordre de 20 à 30 fois le volume du bac est suffisant.
Si on conseille 40 fois c'est parce qu'on considère qu'il y a plusieurs pompes qui ne tournent pas en même temps.
Par exemple si on a 2 pompes de 20 fois (ce qui fait 40 en tout) mais qu'on les fait fonctionner à tour de rôle le brassage moyen est de 20 fois.
Pour qu'un brassage soit efficace il faut qu'il soit varié afin d'aller débusquer les sédiments dans tous les recoins du bac.
Mieux vaut donc 2 pompes de 20 fois qui tournent alternativement qu'une seule de 20 fois qui tourne en permanence.
Ce qui est encore mieux c'est l'oscillateur.

En résumé :
  • prévoir au moins 2 pompes;
  • débit total maximum = au moins 40 fois le volume du bac afin de pouvoir faire varier leur débit;
    de ce fait le débit réel est nettement moindre que 40 fois le volume : un débit moyen de 20 à 30 fois c'est bon;
  • si on place les pompes sur oscillateur il n'est plus besoin de faire varier leur débit puisque leur orientation change en permanence; puisque les pompes tournent à 100% on peut se contenter de pompes moins puissantes (plus petites, non réglables donc moins chères) pour un débit total de 20 à 30 fois le volume;
  • ajouter une pompe de brassage en surface vers la surverse.
  1. Comment choisir rapidement un luminaire ?
  1. Commencez par le module Répartition de l'éclairage
    • Choisissez votre bac dans la liste déroulante "Choisissez un bac commercial"
      Si votre bac ne se trouve pas dans la liste, saisissez ses dimensions : longueur, largeur, hauteur, hauteur d'eau, et éventuellement celles de la surverse et de la ceinture.
    • Cliquez sur "Trouver rampe"
  2. Vous arrivez dans le module Choix d'un luminaire
    • Saisissez le nombre max ou exact de rampes que vous comptez mettre en oeuvre.
      Le logiciel vous donne la liste des luminaires qui conviennent pour la superficie du bac; par exemple il donnera la même liste pour un bac de 120 x 60 cm que pour un bac de 85 x 85 cm parce qu'ils ont la même superficie; pour les différencier il faut examiner la répartition de l'éclairage; pour ce faire
    • Sélectionnez dans la liste un luminaire qui
      • est un peu plus court que votre bac
      • ne doit pas être poussé trop fort (disons max 90%) ni trop faible (min 50%)
      • Si le bouton n'est pas actif il n'est pas possible de visualiser la répartition de l'éclairage pour ce luminaire.
    • Cliquez sur (ou double-cliquez sur la ligne sélectionnée)
  3. Vous revenez dans le module Répartition de l'éclairage
    L'écartement entre les luminaires, s'il y en a plusieurs, ainsi que la hauteur au-dessus de l'eau sont calculés automatiquement.
    • Cliquez sur "Dessiner".
    • Si le résultat ne vous plait pas ou pour essayer une autre rampe cliquez sur "Trouver rampe" ce qui vous ramène au point 2.
Ensuite il reste à prendre en considération la disponibilité, l'esthétique, le budget, ... et aussi via les forums la qualité de fabrication, la fiabilité, le bruit des ventilateurs éventuels, l'efficacité du sav, ... sans oublier le côté pratique pour les réglages, la pose et l'encombrement.
  1. Combien de lux pour mon bac ?
Afin que chacun puisse décider de l'éclairement qu'il souhaite je préfère qu'il utilise le logiciel plutôt que de fournir une réponse toute faite, mais si on me demande mon avis c'est avec un éclairement de 14.000 lux au milieu, pourquoi ?
Je me base sur le fait qu'on constate le maximum de pousse de la plupart des coraux, durs ou mous, avec un éclairement d'environ 20.000 lux; il ne sert donc à rien d'éclairer plus, ils ne pousseront pas davantage.
D'autre part en dessous de 5.000 lux les coraux ne poussent pratiquement plus, il ne faut donc pas éclairer moins.
Sachant que dans le fond d'un bac de 60 cm de haut il reste environ la moitié de l'éclairement mesuré en surface, avec 20.000 lux en haut il reste 10.000 lux en bas (le double du minimum requis) donc 14.000 lux en moyenne : je pense que c'est un bon compromis, c'est la valeur que le logiciel utilise par défaut, plus exactement il calcule l'éclairement à atteindre en surface pour avoir 14.000 lux au milieu, ce qui ne signifie pas que les coraux ne pousseront pas si on éclaire moins.
Il ne faut cependant pas oublier ceux qui regardent l'aquarium, nous, humains, avec notre œil qui ne voit pas bien le bleu : il faut donc bien éclairer même les coraux qui n'ont pas besoin de beaucoup de lumière sinon nous les verrions mal.
D'autre part dans un local muni de grandes baies vitrées il serait utile d'augmenter l'éclairage pour que le bac contraste avec son ambiance, et réciproquement au fond d'une pièce sombre; c'est la raison pour laquelle le logiciel permet de modifier cette valeur de 14.000 lux.
  1. Quelle durée d'éclairage ?
En dessous de 5.000 lux les coraux ne poussent plus.
Pour 60 cm d'eau il reste dans le fond la moitié de l'éclairement en surface et pour avoir 14.000 lux à mi-hauteur il faut 20.000 lux en surface; il y a donc 10.000 lux dans le fond du bac.
Par conséquent si la rampe fournit à son max 20.000 lux en surface, en dessous de 50% il y a moins de 5.000 lux dans le fond et les coraux n'y poussent pas.
En dessous de 35% c'est au milieu du bac qu'on atteint plus les 5.000 lux.
Même si les phases de lever/coucher sont importantes, surtout pour les poissons, afin qu'ils se réveillent sans stress et se préparent à aller dormir, il n'y a pas lieu de prolonger ces phases en dessous de 35% de puissance d'éclairage et même pas en dessous de 50%.
Le graphique ci-contre illustre ces propos.
L'échelle verticale représente la profondeur sous l'eau.
L'échelle horizontale représente le pourcentage de pousse des coraux.

Supposons un bac avec 60 cm de hauteur d'eau éclairé à 20.000 lux en surface : à 100% de puissance (courbe bleue) la pousse est à son maximum (100%) en surface; elle est réduite à 60% à mi-hauteur et à 33% dans le fond : on peut donc disposer les coraux selon leurs besoins en lumière sur toute la hauteur du bac.
Pendant les phases d'allumage/extinction
  • quand la puissance de la rampe est réduite à 75% (courbe rouge) la pousse atteint encore 67% en surface mais elle n'est plus que de 17% dans le fond et 37% à mi hauteur;
  • quand la puissance de la rampe est réduite à 50% (courbe verte) la pousse n'atteint plus que 33% en surface et elle est nulle dans le fond;
  • quand la puissance de la rampe est réduite à 33% (courbe violette) la pousse n'atteint plus que 10% en surface et elle est nulle à mi-hauteur et fatalement plus bas.

Les chiffres donnés sont purement indicatifs
En d'autres termes les phases d'allumages/extinction sont peu productives pour les coraux, d'autant moins qu'il est placé profondément, c'est évident.
Mais surtout, pour une même durée totale d'éclairage de, par exemple, 10 heures
la pousse sera nettement moins forte si on allume et éteint progressivement pendant chaque fois 3 heures, avec un maximum de lumière pendant 4 heures
que si on allume et éteint progressivement pendant chaque fois 1 heure, avec un maximum de lumière pendant 8 heures.
Par conséquent chez moi c'est 1h pour allumer progressivement, 1h pour éteindre progressivement, et entre les deux 8 h pleins feux.
  1. Quelle sera la durée de vie de ma rampe LED ?
On distingue 2 éléments qui mettent un terme à l'usage d'une rampe.
  1. Durée de vie statistique
    Une LED qui a une durée de vie de, par exemple, 50.000 heures signifie que sur un grand nombre de LEDs
    la moitié aura rendu l'âme après 50.000 heures
    la moitié de ce qu'il reste soit le quart aura rendu l'âme après 50.000 heures supplémentaires
    ...
    Cette fin de vie brutale est imprévisible : dans un lot de LEDs données pour 50.000 heures une LED ou un autre élément peut très bien rendre l'âme après 10 minutes de focntionnement.
  1. Perte de luminosité
    Au fur et à mesure qu'elle fonctionne la luminosité diminue et ce d'autant plus vite qu'une LED est utilisée à une puissance proche de sa puissance maximale admissible.
    Par exemple une LED utilisée à sa puissance max verra sa luminosité diminuer de 20% après 30.000 heures.
    La même LED utilisée à 50% de sa puissance max verra sa luminosité diminuer de 20% après 40.000 heures.
    Plus une LED est utilisée à forte puissance, plus son rendement (le flux lumineux produit par Watt fourni) diminue; le rendement d'une rampe est donc un bon indicateur du stress des LEDs : plus une rampe est stressée plus son rendement est faible; on peut réduire le stress en dimmant la rampe.
En pratique :
  • cherchez le rendement de la rampe à puissance max, en lumens par Watt;
  • divisez ce rendement par la puissance à laquelle vous l'utilisez : vous obtenez un rendement pratique;
  • le graphique ci-contre vous donnera une idée de la perte de luminosité en fonction de son âge.

Par exemple ATI Sirius X utilisée à 80%
rendement 58 Lm/W / 0,8 = 77 Lm/W
à raison de 10 heures de fonctionnement par jour elle aura perdu 20% de sa luminosité initiale en 10 ans;
il faudra la pousser à son maximum pour obtenir la même luminosité que lorsqu'elle était neuve.
  1. Quel est l'angle des lentilles de ma rampe ?
Il suffit d'imprimer ceci Gabarit puis de mesurer comme cela
  1. Quelle salinité (ou densité) ?
La salinité est le poids de sel contenu dans un kg d'eau salée, elle ne dépend donc pas de la température mais il n'est pas possible de la mesurer directement.
Alors les physiciens ont inventé plusieurs méthodes pour déterminer indirectement la quantité de sel qu'il y a dans l'eau de mer, ce qui rend effectivement les choses complexes.
  1. on peut mesurer la conductivité, qui dépend de la salinité mais aussi de la température, à l'aide d'un conductimètre qui corrigera la conductivité en fonction de la température (il a donc besoin aussi d'une sonde de température) et affichera la salinité;
  2. on peut mesurer l'indice de réfraction, qui dépend de la salinité mais aussi de la température, à l'aide d'un réfractomètre qui corrigera l'indice de réfraction en fonction de la température de sa vitre (ATC = Automatic Temperature Compensation) et affichera la salinité (et aussi, pour la plupart des réfractomètres, la densité D20/20);
  3. on peut mesurer la masse volumique, càd le poids d'un litre d'eau salée, à l'aide d'un aréomètre, elle dépend de la température;
  4. on peut mesurer la densité, càd le poids d'un litre d'eau salée divisé par le poids d'un litre d'eau pure, à l'aide d'un densimètre,
    il existe plusieurs températures de référence :
    • D20/20 (eau salée à 20°C par rapport à eau pure à 20°C) : c'est ce qu'on lit dans un réfractomètre bien étalonné;
    • D20/4 (eau salée à 20°C par rapport à eau pure à 4°C) : c'est ce qu'on lit dans un réfractomètre Red Sea bien étalonné;
    • D25/4 (eau salée à 25°C par rapport à eau pure à 4°C) : c'est ce que donnent les aréomètres JBL et Aqua Médic.
      Puisqu'un litre d'eau pure à 4°C pèse exactement un kg, D25/4 = poids d'un litre d'eau salée divisé par un = poids d'un litre d'eau salée = masse volumique à 25°C !
Ce n'est finalement pas bien compliqué mais ce qui vient surtout semer le doute c'est qu'en anglais "Masse Volumique" se dit "Density" qui est souvent mal traduit en français par "Densité" ("Densité" se dit en anglais "Specific Gravity" d'où le SG D25/4 qu'on trouve sur les aréomètres JBL et AM.)
Il se fait que les vendeurs compliquent encore les choses en confondant ces notions.
Alors simplifions et retenons le minimum essentiel :
  • le moins ambigu c'est de parler en termes de salinité, elle doit être de l'ordre de 35 ppt, pas moyen de se tromper;
    elle se mesure directement avec un réfractomètre ou un conductimètre qui présentent cependant des difficultés d'étalonnage;
  • pour contourner le problème d'étalonnage l'aréomètre est idéal, l'inconvénient est qu'il ne donne pas la salinité mais la masse volumique en grammes par litre,
    mais ce n'est pas compliqué non plus : il suffit de retenir qu'on doit être aux environs de 1.023,3 g/l à 25°C, disons entre 1.022,6 et 1.024,1 g/l.
    Le graphique ci-dontre permet de convertir la masse volumique d'un aréomètre JBL (l'erreur avec une autre marque est négligeable) en salinité; cliquez sur le graphique pour l'agrandir.
Il est peut-être compliqué de comprendre le pourquoi du comment mais en pratique c'est très simple.
  1. PPT ou PSU ?
ppt = part per thousand = parts pour mille = grammes (de sel) par kilogramme (d'eau salée)
La salinité s'exprime en ppt mais il est impossible de la mesurer directement.
Alors les océanographes ont inventé le PSU = Practical Salinity unit qui permet, à l'aide d'une formule, de convertir la conductivité en salinité; ils se sont arrangés pour que 35 PSU corresponde à une salinité de 35 ppt.
Par conception ces 2 unités sont donc équivalentes.
  1. Comment étalonner un réfractomètre ou un conductimètre ?
L'étalonnage à l'eau osmosée est loin de la valeur à mesurer et les étalons du commerce ne sont pas fiables.

Un réfractomètre ne mesure pas la salinité mais l'indice de réfraction; il suffit de lui soumettre "quelque chose" qui a le même indice de réfraction que l'eau de mer.
La recette nous est donnée par Randy Holmes-Farley dans Reefkeeping : il suffit de dissoudre 36,5 g de sel de cuisine dans 963,5 grammes d'eau; la salinité de cet étalon n'est pas de 35 ppt mais de 36,5 ppt, mais comme il a le même indice de réfraction que l'eau de mer à 35 ppt le réfractomètre n'y voit que du feu : s'il est bien étalonné il indiquera 35 ppt.

Une autre possibilité est d'étalonner le réfractomètre avec de l'eau de sont bac dont on connaîtra la salinité par un test ICP, cette méthode convient aussi pour étalonner un conductimètre.
Attention au fait qu'ATI ne donne pas la salinité de l'eau du bac mais celle d'une eau de mer naturelle qui aurait le même taux de sodium, ce logiciel permet de calculer la salinité réelle en fonction des résultats ICP.
  1. Quelles valeurs pour les paramètres ?
  1. Calcium et Magnésium
    Dans toutes les mers du monde même si la salinité varie (35 ppt en moyenne, 40 ppt dans la mer Rouge, ...) la proportion entre les différents éléments est constante.
    Par exemple dans l'eau "normale" à 35 ppt on trouve 413 ppm de calcium
    dans la mer Rouge à 40 ppt on trouve 413 x 40 / 35 = 472 ppm de Ca
    le rapport entre le taux de Ca et la salinité est constant et égal à 413/35 = 11,8
    de même le rapport entre Mg et Ca est toujours égal 3,12
    je ne vois pas pourquoi on ferait autrement dans nos bacs. c'est ce que fait le Log Book et aussi ce module KH Ca Mg
  2. Alcalinité
    Pour le KH c'est un peu différent : dans l'eau de mer naturelle à 35 ppt il est à 6,44 : c'est à mon avis le minimum pour assurer la calcification; ce minimum doit être proraté à la salinité, par exemple 6,44 x 40 / 35 = 7,36 dans la mer rouge à 40 ppt.
    Dans nos bacs on conseille un KH plus élevé pour stabiliser le pH; ceci ne présente pas d'inconvénient pour la calcification, les coraux n'utilisent pas le surplus; cependant le KH maximum dépendrait des nitrates : plus le taux de NO3 est faible plus le KH devrait être faible afin d'éviter les nécroses des coraux; à mon avis le KH doit être compris entre 7 (prorata salinité) et une valeur qui dépend du taux de nitrates.
    Selon Red Sea le KH maximum serait égal à 7 + le taux de NO3 multiplié par 3
    Par exemple, pour une salinité de 35 ppt et un taux de NO3 de 0,5 ppm le KH devait être compris entre 7 et 7 + 0,5 x 3 = 8,5.
    Toutefois et quel que soit le taux de NO3 le KH ne peut pas dépasser 11.
  1. Nitrates et Phosphates
    Toujours selon Red Sea
    • Récifal mixte : NO3 entre 1 et 2 ppm, PO4 entre 0,08 et 0,12 ppm
    • SPS dominants : NO3 entre 0,25 et 0,50 ppm, PO4 entre 0,01 et 0,02 ppm
    • SPS oligotrophe : NO3 et PO4 nuls
  2. En résumé
    • taux calcium optimal = salinité x 11,8
    • taux magnésium optimal = taux calcium x 3,12
    • KH minimum = 7 x salinité / 35
    • KH maximum = KH minimum + 3 x taux de NO3
  1. Comment choisir et régler un RAC ?
  1. Le volume du substrat dépend de sa granulométrie, du volume d'eau du système (bac + cuve technique) et de la consommation KH.
    Pour connaître la consommation KH, il suffit de mesurer le KH du bac et de le mesurer à nouveau exactement 24 heures plus tard, sans ajouter pendant cette période d’éléments qui pourraient modifier le taux de calcium ou le KH (il faut notamment arrêter le RAC !) et de faire la différence des 2 mesures.
    Multiplier le volume du système par la consommation KH puis utiliser le graphique ci-contre pour connaître le volume du substrat en fonction de sa granulométrie; le RAC sera un peu plus grand (mais pas trop) pour pouvoir contenir ce volume de substrat.
  2. il faut ensuite établir un débit fixe et ne plus y toucher; ce débit doit être compris entre
    • 1 et 3 fois le volume du substrat de fine granulométrie par heure
    • 0,5 et 1,5 fois le volume du substrat de granulométrie moyenne par heure
    • 1/3 et 1 fois le volume du substrat de grosse granulométrie par heure
  3. Il ne reste plus qu'à ajuster la quantité de CO2 injecté, soit à l'aide du compte-bulles soit en modifiant la consigne pH, afin que le RAC produise exactement autant de carbonates (KH) et de calcium que le bac en consomme.
    Les coraux consomment, et le RAC produit, exactement 7,15 ppm de Calcium par °KH : croire qu'on peut changer cette proportion en modifiant le débit est un mythe;
    nos tests colorimétriques permettent de mesurer facilement une différence de 1°KH, pas 7,15 ppm de Ca, nous allons donc nous baser sur le KH, ce sera plus précis.
    • Consommation bac = consommation KH x Volume système
    • Production RAC = 24 x Débit RAC x (KH sortie RAC - KH entrée RAC)
    • Par conséquent KH sortie RAC = KH entrée RAC + (consommation KH x Volume système) / (24 x Débit RAC)

    Le KH entrée RAC étant évidemment égal au KH du bac, cette simple équation permet de savoir quel KH sortie RAC il faut atteindre en ajustant la quantité de CO2.
    Par exemple
    • volume système = 500 litres
    • consommation KH = 1°KH par jour
    • débit RAC = 4 litres/heure
    • KH du bac = 8 °KH
    KH sortie RAC à atteindre = 8 + (1 x 500) / (24 x 4) = 13,2°KH
    Vous pouvez aussi utiliser ce logiciel qui effectuera les calcules pour vous : Règlage RAC
    Ceci vous donne un réglage de départ qu'il faudra affiner ensuite en mesurant le KH bac, et sur le long terme sur base du taux de Ca du bac.
    Si vous voulez tout savoir du réacteur à carbonate
  1. Le pH est trop faible (ou trop élevé) : que faire ?
A mon avis le pH n'est pas un but à atteindre mais un symptôme : si tout va bien dans le bac le pH devrait être correct tout seul.
C'est un peu la même chose quand on a de la fièvre : elle indique une infection quelque part; on a des outils pour faire tomber la fièvre mais ils ne guériront pas l'infection, ils ne font que la masquer; par contre soigner l'infection va aussi rétablir une température normale.
Idem pour le pH : il ne faut pas utiliser de produits pour le modifier mais trouver pourquoi il n'est pas correct.
En général un pH trop faible est du à un excès de CO2 : RAC mal réglé, écumeur qui prend l'air dans une pièce à vivre, ...
On peut augmenter le pH en faisant en sorte que l'écumeur prenne son air à l'extérieur ou en ajoutant un absorbeur de CO2 à l'entrée.

Le point le plus important est d'avoir un pH stable : une modification est le signe d'un changement.
Cependant à cause de la photosynthèse (zooxanthelles) le pH change au cours de la journée : il augmente pendant que l'éclairage est allumé et diminue pendant qu'il est éteint.
Il ne faut donc pas comparer des valeurs de pH prises à des moments différents de la journée : pour que le pH ait une signification il doit toujours être mesuré à la même heure.
  1. Quels appareils de mesure choisir ?
  • KH : les tests colorimétriques par exemple Salifert fonctionnent bien, mais j'ai quelques difficultés avec les couleur.
    Le checker Hanna alcalinité HI755 est très facile à utiliser et donne de bons résultats cohérents avec les tests ICP.
  • Phosphates : les tests colorimétriques sont difficiles à lire, les checkers Hanna en valent la peine; il existe 2 modèles
    1. HI713 (phosphate) jusque 2,5 ppm ±0,04 mg/L (ppm) ±4 % de la lecture.
    2. HI774 (phosphate) jusque 0,9 ppm ±0,02 ppm ±5 % de la lecture
    3. HI736 (Phosphore) : pour obtenir le taux de phosphate il suffit de multiplier le taux de phosphore par 95/31.
      Il peut mesurer un taux max de 200 ppb de phosphore ce qui correspond à 200 x 95 / 31 = 612 ppb soit 0,6 ppm de phosphate
      il n'est donc utilisable que si le taux de phosphate est inférieur à 0,6 ppm.
      Par contre il est plus précis que le HI713 et que le HI774 : ±5 ppb de phosphore soit ±0,015 ppm de phosphate.
  • Calcium : je ne suis jamais parvenu à obtenir des mesures cohérentes avec mon checker calcium HI758.
    Malgré contact avec le commercial Hanna Belgique qui m'a fourni toute une série de recommandations, 2 mesures successives étaient différentes, différentes aussi du résultat Salifert, même le vendeur de mon magasin n'y est pas parvenu ni avec mon checker ni avec un exemplaire neuf sortant du rayon.
    Ce graphique montre les différentes mesures effectuées
    J'ai attribué ce défaut à la difficulté de mesurer précisément 0,1 ml d'eau de mer avec une seringue de 1 ml. Hanna le fournit maintenant avec une pipette de précision, j'en ai donc commandé une (30€ en plus du photomètre); résultat : plus de 600 ppm (overflow). Sachant qu'un test ICP chez ATI a donné un taux de 426 ppm de calcium, j'ai définitivement mis le HI758 au rancard.